La sécurité émotionnelle n’est pas facultative. L’exemple d’une session d’Une tranche de toi

Avertissement : Cet article est une critique du GN Une tranche de toi (TdT) à partir d’une session particulière, qui dénonce le non-respect du contrat de confiance entre joueureuses et organisatrice. Ça n’est en aucun cas un appel à « boycotter » TdT ou une condamnation définitive. Il me semble cependant, comme je le développe plus bas, que ce jeu sans lettre d’intention, dans lequel on s’engage sans trop savoir où il nous emmène, commet un défaut d’explicitation et ne permet pas aux personnes qui s’inscrivent d’accepter le contrat social du jeu en connaissance de cause.

J’ai écrit ce texte il y a plus d’un mois : je l’ai atténué, soumis à l’autrice, atténué encore. Et je ne l’ai pas publié. Pourquoi ? Il y a, je crois, plusieurs raisons à cela. D’abord, le milieu du GN, comme d’autres milieux, notamment marginalisés, fait subir à ses membres une pression implicite : il ne faut pas – nous en avons toustes, je pense, conscience à divers niveaux, qu’on s’y laisse prendre ou non – risquer de donner « une mauvaise image » de notre pratique, car celle-ci est encore trop fragile et confidentielle pour qu’un « buzz négatif » ne l’affecte pas gravement. Ensuite, comme dans toutes les communautés, il existe une peer pressure, une pression sociale qui incite l’individu à se conformer aux usages du groupe auquel il appartient ou entend appartenir : ainsi, plus il existe de retours positifs sur une pratique, une personne, un usage etc., plus il est compliqué de s’y opposer. C’est aussi pourquoi l’article critique que j’ai écrit sur l’inclusivité au Knutpunkt est également resté dans les cartons…

Dans le cas de figure présenté ici, s’ajoute un sentiment global de reconnaissance : parce que j’ai été accueillie en tant qu’anthropologue par ce milieu-là, par ces milieux, d’ailleurs – arrivée il y a presque trois semaines en Finlande, je constate là aussi le caractère extrêmement accueillant de la communauté et en conçois une intense gratitude –, notamment par la créatrice du jeu dont je dénonce ici les dérives, le faire est d’autant plus complexe, et je m’en sens, malgré moi, coupable.

Toutefois, l’impression de reproduire le phénomène de missing stair, « marche manquante »1, en contournant un jeu que je ne suis pas seule à estimer problématique dans certains aspects plutôt que d’informer sur ceux-ci, me décide aujourd’hui à franchir le pas.


Il y a peu, j’ai joué une partie d’Une tranche de toi, un GN expérimental organisé par l’association éponyme et sa créatrice, Mélanie. Plutôt qu’un jeu unique, il s’agit d’un format de huis-clos très souple, long de deux à six heures (plus environ deux heures d’ateliers pré-jeu), qui met en scène des scénarios résolument feel-bad (tragédies familiales ou amicales, maladies, morts violentes, trahisons, viols, tout y passe dans la construction du scénario – bien que la violence physique en jeu soit limitée à des gifles ou coups de poing simulés, ou plus rarement des armes mimées avec les doigts).

J’aime bien jouer à Une tranche de toi, ça me défoule. Cependant, cette fois, j’en suis sortie profondément en colère : c’est pourquoi, quoique celle-ci soit retombée, j’ai résolu d’écrire ce texte, qui a vocation à pointer du doigt une dérive de ce jeu dont pourtant je suis d’ordinaire une enthousiaste – une manière de tenter de réparer ce qui constitue, en quelque sorte, une marche manquante ludique.

Diagnostic d’une immersion lacunaire

Avant de parler de ma colère, cependant, il me faut parler de quelque chose de plus diffus – un agacement. En effet, Mélanie répète que je lui « résiste » – alors que la plupart des joueureuses finissent au moins une fois en larmes ou autrement chamboulées, j’enchaîne ma six ou septième session avec un électrocardiogramme résolument stable qui contredit l’intensité de mon jeu (entendu ici au sens d’acting). Elle avance plusieurs explications à cela : d’une part, elle me reproche de trop intellectualiser, d’établir une médiation permanente entre moi et mon personnage ; d’autre part, elle diagnostique que j’ai plus d’emprise sur mon Sur-Moi que la plupart des gens ; enfin, et c’est sans doute l’argument qui fait mouche, elle déplore que je sois constamment dans le contrôle et s’échine à me le faire perdre.

Au premier argument, j’ai objecté l’autre soir que j’étais une intellectuelle : que mon rapport à mes propres émotions passait par une saisie intellectuelle, sinon rationnelle, de leur étiologie et de leur nature. Par conséquent, m’empêcher de rationaliser risquerait de me rendre complètement indifférente au moins autant que de me faire effectivement perdre pied (l’indifférence étant, en effet, une réaction courante aux événements traumatiques non-intellectualisés – déni quand tu nous tiens). Au deuxième argument, je n’objecterai rien, sinon qu’il s’agit plutôt pour moi d’un effort permanent de cohérence, poursuivi depuis des années, qui me rend ainsi moins prompte à ignorer mes propres « trigger warning » que si je n’observais pas cette ascèse. Pour ce qui est du dernier argument, il touche juste, et je m’en vais expliquer pourquoi.

Le difficile abandon de l’esprit critique

En premier lieu, mais ça ne sera pas le cœur de cet article, il existe de mon côté un biais de (non-)identification fort à TdT. En effet, il s’agit d’un jeu délibérément cis- et hétéronormatif, voire – osons le néologisme – mononormatif (en fait, on me dit dans l’oreillette qu’il est normatif tout court). Ce positionnement se justifie par la nécessité, pour l’organisatrice, de toucher un maximum de personnes avec des lieux communs. Seulement voilà : je ne corresponds pas aux normes dominantes en matière de relations sociales, et comment vous dire que quand on m’annonce que mon personnage entretient en secret des relations avec deux hommes et qu’elle ne veut pas leur avouer, ben, je peine à dépasser le stade de la facepalm mentale (brainpalm?). Idem, quand des tromperies ou, pire, une homosexualité sont révélées en jeu, eh bien… il me faut un moment pour me rappeler que « I don’t give a damn » n’est pas une réaction valable d’un point de vue diégétique. Mon immersion souffre de ce genre de tropes, parce que je ne saurais, joueuse, y adhérer. De fait, tout est trop gros dans Une tranche de toi, et c’est le but : trop de choses se produisent, les malheurs d’une vie (et encore, une vie bien dotée de ce côté) s’enchaînent et s’additionnent en quatre heures seulement. Je n’y adhère pas, parce que je suis trop sceptique, trop intello en effet – j’ai du mal à taire cette partie de mon cerveau qui, acceptant volontiers pour réelle une menace surnaturelle, me fait remarquer qu’en France, on peut vivre longtemps avec le sida – : c’est vrai. Mais pousser plus loin la suspension de l’incrédulité, dans un contexte où les normes sociales véhiculées sont nettement pathologiques, ne serait pas souhaitable2 (si tant est que ce soit même possible).

Ainsi, je ne crois pas qu’Une tranche de toi me fera vraiment « déconnecter le cerveau », comme Mélanie le résume fort bien : le contenu est trop loin de moi pour aller au-delà d’un divertissement cathartique, d’un défouloir. Et j’entends que cela reste comme ça, car ce n’est pas un cadre dans lequel il me plairait de craquer.

On ne fait pas cadre sans care

Quelques jours après la TdT dont il est question – jour, donc, où je commence l’écriture de ce texte –, j’ai eu au téléphone un amoureux auquel j’avais proposé de participer. Depuis le GN, disait-il, il se sentait « cassé ». Oui, cassé. Ayant incarné, pendant quelques heures, un personnage dépourvu d’alliés, un personnage pas mauvais pourtant, mais qui avait fait de mauvais choix, agi instinctivement, et s’était retrouvé pour cela la risée des autres, il ne s’en remettait pas.

Ça m’a mise hors de moi. Je n’ai aucun problème avec le fait que le but d’un GN soit de « péter les genoux » des joueureuses : et même, je le recherche. Mais il est impératif de ne pas négliger leur reconstruction.

En effet, quoique Mélanie fasse un travail de prévention conséquent en amont du jeu – dont l’absence de lettre d’intention explicite, cependant, est un point très négatif qui ne peut être ignoré –, l’après est, pour moi, souvent négligé. Avant le jeu, elle demande ainsi aux joueureuses d’indiquer leurs envies de jeu, et surtout ce qu’iels ne veulent pas avoir à rencontrer : toutefois, il est complexe d’identifier une trigger avant d’y avoir été confronté-e et il est impossible d’avoir une connaissance exhaustive des situations susceptibles de provoquer un malaise profond, de sorte que cette mesure de sécurité ne saurait aucunement remplacer un aftercare consciencieux. Sur place, bon nombre d’ateliers pré-jeu – dont la plupart sont destinés à favoriser le lâcher-prise et l’intensité de l’expression et de la réception de sentiments – sont tenus, puis les personnages sont présentés individuellement aux joueureuses : iels peuvent alors, le cas échéant, refuser ou réorienter certains des axes (succincts) portés par leurs personnages. Cette possibilité est heureuse : toutefois, les neuf dixièmes du contenu étant apportés au compte-goutte au cours du jeu, elle n’est, là encore, pas suffisante.

Or, la sortie du jeu n’est pas un véritable debriefing : il s’agit en effet de « réparer » le personnage en l’extrayant de l’infernal maelström d’événements ludiques, mais les joueureuses, iels, ne sont pas accompagnées dans le même processus. En effet, le debrief se limite à un tour de table où les joueureuses sont invitées à imaginer ce qu’est devenu leur personnage, et éventuellement à s’exprimer en désordre, après, sur le jeu. Parfois, c’est suffisant pour laisser le personnage derrière : ça l’est pour moi parce que j’entretiens fortement l’effet d’étrangeté – effondrée en sanglots sur le « cercueil » d’un personnage mort durant le jeu, j’ai repris une expression neutre et détachée à l’instant même où la fin du jeu a été annoncée. Mais, pour mon amoureux, ça n’a pas été suffisant, parce qu’il avait mis beaucoup de lui dans son personnage, parce qu’il avait « joué le jeu » de TdT, qu’il s’était laissé péter les genoux. Le contrat implicite entre orga et joueureuse, qui pour moi est essentiel, n’a pas été respecté : il n’y a pas assez de care dans Une tranche de toi, à peine un diagnostic psychologique concernant ses faiblesses révélées en jeu ou le conseil de ne pas rester seul-e ce soir-là (fait anecdotique, j’avais proposé à un autre ami qui a participé au jeu de squatter mon canapé en rentrant parce que je m’attendais à ce qu’il puisse ne pas se sentir bien après – au final, c’est mon amoureux, pour la sécurité duquel je ne craignais pas, qui a bénéficié de l’offre). Interrompre le jeu y est par ailleurs tabou, et aucun safeword n’est fourni aux joueureuses : Mélanie est l’unique garde-fou, et lui toucher un mot discrètement le seul moyen d’obtenir une prise de distance par rapport au jeu ou un peu d’isolement (remplacé par un évanouissement).

Moi, je ne joue pas un jeu sans cadre psychologiquement safe – ou plutôt, il m’arrive de le faire, et bien souvent je le regrette amèrement. Je joue Une tranche de toi parce que c’est court et que je sais que je gère. Que ça ne demande aucun investissement en amont et que je ne cours pas le risque, comme dans d’autres GN de format plus traditionnel, de voir toutes les projections et les efforts investis dans mon personnage foncer dans le mur à grande vitesse. Parce que, aussi, il y a des ateliers pré-jeu et que ça m’aide beaucoup à rentrer dans le cercle magique du jeu3. Mais, sans cette promesse de care – incarnée a minima par un safeword et quelques indices d’hygiène émotionnelle, comme les questions rituelles de debrief « qu’est-ce que tu gardes/qu’est-ce que tu laisses de ton personnage » et « comment te sens-tu ? » –, je ne signe pas, de mon côté, le contrat qu’elle me tend – le lâcher-prise.

Le dernier atelier pré-jeu auquel elle nous a soumis-es est la manifestation extrême de ce manque de care que je reproche ici : cette fois, TdT ne s’est pas contenté d’être un jeu transgressif ou limite – les bornes de l’hygiène émotionnelle ont été franchies, d’une façon qui est pour moi inacceptable. Ainsi, pour couper court à la légèreté de l’ambiance, et afin de séparer des joueureuses trop proches dont elle craignait qu’iels ne parviennent pas à mettre leur relation de côté dans le jeu, elle a effectué la proposition suivante :

« Je veux que vous vous mettiez avec la personne ici dont vous êtes le plus proche. Puis que vous lui disiez cinq choses que vous ne supportez pas chez lui. Ça doit être des choses vraies, vous devez les penser. Après les avoir dites, je veux que vous vous regardiez dans les yeux, sans un sourire, un geste ou un mot d’excuse. Je veux que vous assumiez vos propos. Puis que vous vous sépariez quand le regard devient insupportable. »

Évidemment, j’ai bondi. Hors de question. Je m’y suis violemment opposée.

« Si je fais cet atelier, ai-je dit, tu vas avoir gagné. Je vais être en PLS. Mais je vais l’être avant le jeu, et je vais partir. Je ne vais pas jouer. » « Mais comment voulez-vous proposer un jeu vrai si vous n’êtes même pas capable de vous dire les choses en face ? a-t-elle rétorqué. Comment voulez-vous traiter quelqu’un de connard en jeu si vous ne pouvez même pas faire ça ? » A mon tour, j’ai répondu : « il y a une différence entre une persona et une personne. Quand j’insulte quelqu’un en jeu, c’est le personnage qui prend, pas le joueur. »

Qu’importe. L’alibi, très peu pour elle : Une tranche de toi est un jeu vrai c’est-à-dire, en fait, un jeu dangereux. J’ai cédé, j’ai accepté de faire cet atelier, à la fois avec mon amoureux et mon ami, puisque j’étais la personne la plus proche pour les deux. Mais avant, j’ai, en quelque sorte, subverti la règle : je suis allée voir chacun d’eux et leur ai dit : « J’ai peur de te mettre mal en te disant des choses ». Nous avons établi un rapport de consentement mutuel par rapport à cet atelier, et seulement alors a-ce été possible pour moi. En définitive, je ne leur ai dit que des choses qu’ils savaient déjà, bien sûr – l’honnêteté est sans doute le principe le plus important auquel je tâche de me tenir, et aller au-delà de ce qu’ils savaient déjà aurait immanquablement abouti à des méchancetés (vous pouvez ne pas aimer, par exemple, un certain trait physique ou un tic d’une personne de votre entourage sans que ça soit foncièrement utile ni bienveillant de le lui agiter sous le nez). Cet atelier, par conséquent, est loin d’avoir eu, de notre côté du moins, l’effet « dramatisant » recherché par Mélanie : par contre, il a bien eu pour effet de dénoter une épaisse lacune dans le contrat de care.

Conclusion : une affaire de confiance

Dans mon mémoire de première année de Master, dans lequel je parle souvent d’Une tranche de toi, puisque c’est un jeu qui m’a beaucoup apporté du point de vue de la compréhension théorique de la construction du contrat ludique et la gestion des émotions en jeu et du bleed, j’écrivais que « c’est la confiance accordée au cadre, incarné par les organisateurs et rendu tangible
par les ateliers, qui fonde les conditions de cette libre expression
[du lâcher-prise] » (Cazeneuve, 2017 p. 34)  : or, il arrive, comme dans cette session malheureuse d’Une tranche de toi, que la faiblesse des dispositifs de sécurité ne permette pas d’accorder sa confiance au cadre d’une façon sécuritaire. Dans ce cas, et si renégocier celui-ci est impossible, refuser de signer le contrat ludique pourrait bien être la seule option.

1Je ne parle pas du tout, ici, d’une « marche manquante » au sens d’un prédateur sexuel, bien entendu. L’analogie me paraît simplement fonctionner ici également, tant j’ai la sensation que certaines personnes trébuchent en ratant la marche dont pourtant, beaucoup connaissent la vacance.

2En me relisant pré-publication, je note effectivement que le taux d’édulcoration de ce paragraphe est totalement excessif et que je pourrais critiquer frontalement et longuement un positionnement narratif dangereux, parce qu’il véhicule et contribue à reproduire des préjugés qui causent chaque jour des violences et des morts partout dans le monde : stigmatisation des personnes séropositives, jalousie, homophobie, violences conjugales…

3Je m’excuse d’utiliser beaucoup de termes non sourcés dans cet article. Un « Ctrl + F » dans mon mémoire, mon blog ou simplement une recherche « Joan Huizinga magic circle » comblera ce déficit pour l’instant.

12 réflexions sur « La sécurité émotionnelle n’est pas facultative. L’exemple d’une session d’Une tranche de toi »

  1. J’hallucine un peu sur ce dernier atelier pré-jeu…
    J’aime bien aller dans les retranchements des joueureuses, mais je fais toujours la distinction entre les joueureuses et les personnages. Et je ne comprends vraiment pas l’intérêt d’un tel atelier… Si l’orga veut que les joueureuses n’hésites pas à incarner des personnages vindicatifs, pourquoi ne pas faire un simple atelier d’insultes, sans qu’elles soient réelles…
    Sur Braquage, je propose, en fin de jeu l’exercice inverse : les joueureuses disent (si iels le veulent) ce qu’iels aiment chez les autres, justement pour quitter les personnages, et montrer que ce qu’iels ont vécus durant le jeu n’est pas vraies…
    Bref, je trouve cet atelier juste incroyablement dangereux.
    Merci pour cet article très intéressant 🙂

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  2. Ça m’énerve cet argument « Tu penses trop », « tu intellectualises trop », « tu te laisses pas porter par tes émotions » etc etc.
    On a un cerveau qui marche comme ça, pour le meilleur et pour le pire mais c’est le nôtre, on peut pas le changer en claquant des doigts…

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  3. J’ai joué ce jeu il y a quelques années, quand je ne connaissais pas encore le type de gn safe mais qui implique émotionnellement auquel je joue maintenant.
    Le jeu m’a touché particulièrement. Surtout vers la fin. J’ai accepté de jouer une scène de viol, enfin de jouer l’après scène de viol. C’était dur et pour éviter de sombrer, j’ai utilisé l’humour pour me mettre à distance. Le jeu c’est bien fini.

    La où je l’ai hyper mal vécu c’est justement pendant l’atelier post jeu. On débrife, j’exprime que cette scène a été difficile, et une joueuse exprime qu’à cause de moi, elle a perdu le fil du jeu car je l’ai sorti de son rôle avec mon humour, que j’aurais du continuer sur la corde dramatique. Personne n’a relevé que c’était une remarque inapproprié qui pouvait blesser.

    WTF et la sécurité émotionnelle ? Et l’empathie entre joueur ?

    Depuis je suis traumatisée par les scènes de viol en jeu…Et surtout je suis hyper stressée quand je joue avec des gens que je ne connais pas, de peur qu’on juge ma façon de jouer et qu’on me reproche telle ou telle action.

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    1. C’est vraiment horrible ce qui t’est arrivé… L’autre joueuse n’aurait jamais dû réagir comme ça, c’est profondément irrespectueux et irresponsable quant à ton ressenti. J’espère que tu finiras par aller mieux, mais dans tous les cas, aucun orga ni joueureuse ne devrait imposer ainsi de scène de violence. Tout mon soutien…

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  4. J’ai joué ce jeu il y a 2 ou 3 ans dans une version visiblement antérieure ou réduite (peut-être du fait des contraintes horaires de la convention).

    Je n’ai que des souvenirs erratiques de cette expérience de jeu et de ces atteliers. Mais je ne pense pas avoir vécu alors le dernier attelier pré-jeu que tu mentionne (cela m’aurais marqué) mais je peut confirmer également l’absence d’atelier de derolling (même si à l’époque de nombreux jeux aux intentions similaires n’en avaient pas).

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    1. Merci de ton retour :). Effectivement, une des caractéristiques du design d’une tranche de toi est que les ateliers changent selon les joueureuses (en convention elle a probablement fait quelque chose de plus axé improvisation) et de la direction dans laquelle elle veut amener le jeu. D’où la difficulté de faire des généralités sur ce jeu.

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  5. Suite à la lecture de cet article, je ressort avec plusieurs questions.
    Tu démonte ici ce GN auquel tu as participé 7 ou 8 fois, et au reflet de ce que tu dit, on pourrait penser que tout le GN est nul (aucune chose positive ne ressort de ton texte)…..Mais pourquoi tu y a participé autant si il est si mal foutu que ça ? (7/8 fois c’est beaucoup)
    Pourquoi te révolter maintenant ? Parce que ton amoureux était impliqué ?
    As tu remonter à l’orga ces problèmes avant d’écrire cet article ?
    Je trouve ta démarche un peu malhonnête dans le sens où tu ne fais part que de ce qui ne va pas dans ce GN et pas de ce qui va ou de ce qui était vraiment bien/novateur. Ici une majorité diront « oh bah si c’est si mauvais que ça, on y participera jamais » et cet article qui aurait put être très intéressant si le point de vue n’étais pas tout noir, va sûrement faire beaucoup de mal à la concernée et au Gn.

    Ce qui aurait put être une critique constructive n’est ici qu’un billet d’humeur pour le moins morose.

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    1. Bonjour,
      Comme je l’ai écrit dans l’article, je l’ai soumis à l’organisatrice avant de le publier. « Pourquoi te révolter maintenant ? » est une question bien plus malhonnête que ma démarche, puisqu’il faut bien que quelqu’un-e commence, et que de fait, je ne suis pas la seule à constater des éléments problématiques, simplement, je suis la première à ne pas blacklister en silence et à en faire une affaire publique. Le fait que j’aie eu à ramasser les morceaux d’une personne proche est bien sûr un trigger ; d’autant plus que j’avais déjà eu à ramasser les morceaux d’une autre personne proche, sans avoir joué sur sa session toutefois. Les choses se cumulant, j’ai fini par comprendre que ce n’était pas accidentel, ou marginal, que c’était un problème de design et de prise en charge des joueureuses par l’orga. Quant à savoir pourquoi j’y ai participé autant, je l’ai dit dans l’article : ça me défoule. C’est court, pas cher. Bref, un shoot de GN quand je suis en manque. Je n’ai jamais été transcendée par le jeu non plus, comme je l’exprime également.
      Quand au fait que cet article fasse beaucoup de mal à la concernée et à ce GN, si c’est le cas, ce n’est ni de ma faute, ni de mon ressort. J’ai exprimé mon point de vue, y compris sur le fait que je ne voulais en aucun cas que cela devienne de la censure, mais que ça serve de critique. Je me suis par ailleurs exprimée en défense de l’organisatrice sur Facebook suite à des commentaires de type blacklist, ou haineux. Je fais ce que je peux pour garder des proportions raisonnables sans non plus taire un problème bien réel et qui, au vu des nombreux retours privés que j’ai eus (et qui m’ont motivée à poster alors que je gardais l’article dans les tiroirs), n’est pas marginal. Maintenant, je ne peux pas me porter garante de tout le monde, et franchement, je ne crois pas que mon article en lui-même puisse constituer, en contexte, un coup bas ou quelque chose de très dévastateur – même si certaines reprises peuvent l’être. Ce qui est marrant, d’ailleurs, c’est que j’ai quelques commentaires du même genre que le tien qui me disent « c’est du lynchage », et d’autres, plus nombreux d’ailleurs, qui me disent « tu es trop gentille ». Conclusion : si j’essaye d’écouter tout le monde, je ne fais rien. Or, ne rien faire n’est pas une option.
      Je me sens honnête dans ma démarche, je ne pense pas avoir quoi que ce soit à me reprocher. Par ailleurs, j’ai écrit beaucoup de bien de ce jeu au tout début de ma recherche, dans mon mémoire. Il se trouve, cependant, que je me suis trompée sur un fait : la bienveillance annoncée n’est pas la bienveillance réelle. Cet article est là pour le corriger.
      Quant au billet d’humeur, ça tombe bien, puisqu’il est dans la catégorie « billet d’humeur ». Je me sens plutôt cohérente du coup :).

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      1. Je suivrait donc ton chemin chère auteure, je parlement honnêtement sans diplomatie aucune.

        Déni, diffamation, usage illégitime et violent d’une position auto – affirmée d’expert en sciences humaines, absence d’introspection, émotivité sont les maitres mots de l’analyse que je fais de ce billet, pour ne pas dire pamphlet.

        Commençons par ce qui me gène le plus, ce que je trouve indigne d’une « intellectuelle » en sciences humaines.

        Je suis moi même issu de la sociologie et ais étudié d’assez près le milieu du jeu de rôle. Lors de ces études il m’as été démontré que je n’était pas absent de tort dans mon approche, ce que j’ai accepté avant de soummetre mes enquêtes une fois corrigées par une approche plus éthique et distanciée. Je me permettrais donc d’adapter ces critiques qui a mon sens sont fondamentales a accepter.

        Auteure, tu est anthropologue, pas psychologue. L’usage immodéré de concepts psychologiques dans ton « rapport » est pour le moins discréditant. Une démarche honnête aurait été de les extraire de ton observation afin de les publier séparément ou de ne pas les publier. Ce qui m’emmène a mon deuxième point: l’usage intensif et abusif de la position d’expert.

        J’espère sincèrement que tu n’affirmeras pas être inconsciente de l’influence que ton avis peut avoir sur un publique ayant pris pour argent comptant que tu était une experte sur ton sujet. Pour une personne française, le master signifie « savoir ». Ton avertissement de départ est un sommet d’hypocrisie qui est indigne d’une personne se disant savante! Si tu ne cherche pas a écrire un pamphlet diffamatoire pourquoi citer le nom de ton terrain d’enquête et de l’organisatrice. L’usage veut, et tu le sait, que l’on ne cite pas les marqueurs permettant de reconnaitre les enquêtés si cela peut leur porter préjudice. Tu parlait de contrat social, nous somme la devant un bris monumental et parfaitement conscient de ce contrat entre toi et l’organisatrice. Tu apporte l’oprobe sur son événement et son action, en tant qu’experte autoproclamée. Ce faisant tu est parfaite consciente et responsable de ce qui arrivera, ce qui me fais venir au troisième point.

        Le déni de responsabilité et d’introspection flagrant. Tu as choisie en toute connaissance de cause d’inviter l’un de tes compagnons a participer a cet expérience. Tu connaissait ton compagnon et le gn en question. De plus, après avoir affirmé que le gn manquait de prévention, tu affirme le contraire plus loin dans ton article. Ce qui me fait me poser la question de la fiabilité de tes témoignages.

        Point suivant, la mise en valeur de ton « honnêteté ». Pourquoi te sentir le besoin d’affirmer cela? Cela veut dire que tu as toi même mis en doute ta propre honnêteté. Il aurait été intéressant de mener la démarche introspective jusqu’au bout.

        Point suivant, l’usage fréquent d’anglicismes et de concepts propres aux sciences humaines sur un blog s’adressant a un publique pouvant être non-universitaire. Cela est a proscrire! Ton publique ne devrait pas avoir a « faire ctrl+f » pour comprendre ton article.

        Point suivant, le mépris criant dont tu fais montre envers une personne qui t’as ouvert son gn afin que tu puisse recueilli tes données pour ton mémoire. J’invite quiconque cherchant a préserver sa réputation dans le milieu du gn a ne jamais t’accueillir. Tu pourrait ne pas aimer que l’on s’oppose a toi et écrire un autre billet incendiaire.

        Dernier point, je te conseil de te rappeler du concept de neutralité axiologique. Je ne ferait pas l’affront de te rappeler ce qu’est ce concept fondamental dans la recherche en sciences sociales.

        En conclusion, je dirait simplement ceci. Je n’ais aucun préjugé positif envers Mélanie que je n’ais vue qu’une fois rapidement sr un gn. Ni de préjugé négatif envers toi auteure que je ne connait pas. Ma démarche est sincère et honnête. D’un sociologue a une anthropologue.

        Sans ressentiment et respectueusement.

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      2. J’ai soumis ce texte à Mélanie longtemps en avance, comme je l’ai indiqué. Elle ne m’a pas interdit de le publier – je lui ai dit « ça me ferait chier de pas le publier », certes, mais elle si elle m’avait dit « je ne veux pas du tout que tu postes ça », j’y aurais réfléchi. Même si je pense ce texte important, pas scientifiquement (ça n’a pas grand chose à voir ici, permets-moi donc de balayer ces remarques-là, ainsi que celles relatives à mon blog). J’ai pris en compte ses remarques et ai modifié mon propos en conséquence. Ce que je précise.

        Tu me reproches de mordre la main qui m’a nourrie. Certes. Ca n’a pas été facile de le faire. Mais ne pas dénoncer quelque chose au prétexte que la personne en question a été bonne avec moi n’est pas quelque chose que politiquement, je peux cautionner. Des choses devaient être dites. Et je les dis en mon nom parce qu’il est inconcevable de faire une liste de personnes qui auraient pu porter cette critique, mais ne l’ont pas fait, pour diverses raisons. I’m taking the blow. Soit.

        C’est marrant que tu analyses mon usage de concepts psychologiques (en fait, seulement ceux que l’autrice du jeu elle-même mobilise dans sa démarche), pour ensuite me parler de « mener jusqu’au bout ma démarche introspective » pour analyser pourquoi j’ai « besoin d’affirmer » mon honnêteté, alors que la raison de cette affirmation tient simplement dans le fait que le commentaire précédent qualifie ma démarche de « malhonnête », ce à quoi je réponds.

        Je sais que je suis responsable de ce texte. Mais je ne veux pas être responsable de certaines réactions très violentes qu’il y a eu autour, et auxquelles j’ai méthodiquement répondu. Maintenant, là encore : si ce texte avait à voir avec une démarche scientifique, j’en aurais fait un article. J’aurais démontré point par point, sourcé, ce que je dénonce là sur le mode de l’humeur. C’aurait été bien pire, non ? Ca aurait été une condamnation sur l’autel du savoir. Ca n’est pas le cas ici, parce que le ton est à l’humeur, strictement, et ça se lit : ma démarche ici est politique et elle est humaine. J’ai hésite à publié pour ne pas provoquer de backlash. Mais après en avoir parlé à différentes personnes qui m’ont confortée dans l’idée que ne pas en parler était effectivement une marche manquante (ah, pour les Ctrl + F, je définis ou mets un lien à chaque fois que j’utilise un anglicisme ou concept, à moins que j’en aie déjà parlé plusieurs fois auparavant dans ce blog. Désolée si j’ai laissé passer des trucs, normalement mes relecteurices me les signalent), qui m’ont rapporté leurs propres témoignages, j’ai jugé que le backlash était le risque à courir pour ouvrir la bouche. Et le nombre de commentaires violents, même ajouté à celui de commentaires critiques de ma démarche, n’égale pas le nombre de « merci » que j’ai eus. Ca vaut ce que ça vaut, mais d’un point de vue politique et personnel, ça compte.

        Je ne me proclame pas experte, je ne l’ai jamais fait. Mais je ne peux pas ignorer ma position, qui me fait paraître telle – c’est vrai. C’est un problème dont j’ai déjà parlé, dans une humeur, tiens. https://larpinprogress.com/2018/05/08/humeur-de-mai/
        J’en ai marre qu’on me reproche l’hypocrisie de l’avertissement, vraiment. Je fais de mon mieux. Sincèrement. Seulement parfois, y a pas de bonne solution. Alors je prends un pari. Voilà. Et si je me plante, je me plante. Je me suis déjà plantée et je l’ai reconnu, je n’ai pas de problème avec ça, même si c’est destructeur – ça permet de reconstruire sur des bases saines. Là, j’ai pas l’impression de me planter. J’ai l’impression d’avoir libérer la parole de personnes qui n’osaient pas parler. Et ça, c’est précieux.

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  6. Je suis en désaccord c,est un fait. J’ajouterais que ce billet est publié sur un blog dit  » d’antropho-gniste » et comporte de nombreuses références savantes. Autant pour le côté non scientifique.

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